préentation / coups de coeur

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Bonjour à tous
J'ai onze ans et ici je mettrais mon histoire
J'espère qu'elle vous plaira
Faites-le moi remarquer s'il y a des fautes
Bonne visite
PS : C'est moi qui ai fait les dessins

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RESUME


Pourquoi les gens sont-ils aussi bizarres auprès de Mariette ? Pourquoi il arrive d'étranges événements ?Quand elle apprend qu'elle est une sorcière, Mariette entre dans sa nouvelle école, mais une guerre de sorciers se prépare, menaçant de la chasser, elle et sa famille, du pays...


SOMMAIRE

Page 1 :
PARTIE 1
Chapitre 1 : Evénements bizarres
Chapitre 2 : Le coin englouti
Chapitre 3 : Le vendredi et le samedi

Page 2
Chapitre 4 : Moi, sorcière
Chapitre 5 : Le diaporama
Chapitre 6 : Problèmes de tous genres
Chapitre 7 : Pas de problèmes sans solution
Chapitre 8 : Au magasin

Page 3
Chapitre 9 : La visite à l'école
Chapitre 10 : Gérard
Chapitre 11 : Mon premier jour d'école chez les sorciers
Chapitre 12 : C'est les vacances
Chapitre 13 : La machine

Page 4
PARTIE 2
Chapitre 14 : Azerty
Chapitre 15 : L'hôtel
Chapitre 16 : La fuite
Chapitre 17 : Les Pas-d'bouches
Chapitre 18 : La prison pour fugitifs

Page 5
Chapitre 19 : Ma soeur jumelle
Chapitre 20 : Chez les Fisscarek
Chapitre 21 : Retour à la maison
PARTIE 3
Chapitre 22 : La visite de la Huip

Page 6
Chapitre 23 : Léa et l'homme tagueur
Chapitre 24 : L'invitation
Chapitre 25 : Une mission à accomplir
Chapitre 26 : Le tramway volant
Chapitre 27 : Ozas

Page 7
Chapitre 28 : Le médaillon
Chapitre 29 : Les Rochers Creux
Chapitre 30 : Le pique-nique
Chapitre 31 : L'examen
Chapitre 32 : Le pigeon de l'allée

Page 8
Chapitre 33 : À propos de la matière rose
Analyse
PARTIE 4
Chapitre 34 : Jour de rentrée, jour de pagaille
Chapitre 35 : Les mémoires d'Alban
Chapitre 36 : De retour dans la première ville



Les premiers chapitres sont nuls, mais je n'avais que neuf ans quand je l'ai ai écrit. Les chapitres vers la fin sont déjà mieux. J'ai essayé de modifier comme j'ai pu les chapitres 1 et 2 (allez donner votre avis SVP)
Certaines personnes trouvent que le chapitre 4 ressemble à Harry Potter. Je ne m'en étais pas rendue compte, mais après réflexion c'est tout à fait possible puisque j'ai écrit cette histoire après avoir lu les six tomes (mais j'ai imaginé l'histoire avant).

Notez mon roman ici


_______________________________________


Ici je mettrai mes coups de coeur (les blogs que j'ai bien aimé)



"Karine lui tendait un verre d'eau dans sa main droite. Anaëlle le but d'une traite puis elle s'avança vers le lit en s'appuyant au mur. Une fois dans le lit, elle regarda si personne ne la voyait et toucha sa petite médaille en or avec une gravure d'une flamme et une étrange inscription disant : ''Quand les trois seront réunis dans la Salle Harmoniale, la paix règnera dans l'univers entier.''
Ce texte est de azazou19


"C'est ici que tout a commencé. Le jour où je suis née. Paraît-il que ce fut le plus beau jour que mais parents aient vécu. Cela faisait des mois que mes parents m'avaient trouvée un prénom et ils avaient fait en sort d'éviter des prénoms trop connus comme Kathléa ou Pijune. Ils avaient opté pour l'originalité : Galiphène."
Ce texte est de galiphene


"Quand son maître le réveilla, Mélito se leva sans trop de difficulté, mais sans trop d'entrain non plus. Cette journée allait sûrement être une longue et morose journée de travail, comme la veille et comme l'avant-veille. Le garçon alla se laver rapidement le visage dans un coin de sa petite chambre : le miroir craquelé fixé au mur lui renvoya son image, l'image d'un adolescent de douze ans à peine, aux grands yeux clairs et aux cheveux châtains, pas exactement beau, pas exactement laid non plus, le genre actif et débrouillard, pétri de principes et un peu naïf, mais qui ne fait pas la même erreur deux fois. Mélito finit sa toilette et entra dans l'atelier pour commencer son travail du jour, sans oublier de saluer d'un respectueux signe de tête le petit autel de la déesse Ishta, la protectrice de la ville de Mid."
Ce texte est de jardin-fleurs-pourpres

"Paul prit sur l'étalage du marchand une prune. Celui-ci le fit.
« Alerte générale ! »cria le marchand.
Paul se mit à courir. Il devait absolument échapper aux commerçants, sinon, il sera encore renvoyé de sa famille d'accueil et apparemment, il n'y en avait plus pour lui. Il repensa à Hugo, Oliver, Pierre et Hervé, ses amis restaient à Robertvilliers, dans la Somme. Eux aussi, ils étaient abandonnés par leur parents et vivaient dans la rue jusqu'à leur dix ans, avant d'être recueillit par l'association Tsiwt.
Il prit à droite. C'était un cul-de-sac en apparence mais si on savait qu'en dessous, il y avait une autre petite rue, on pouvait sauter. C'est ce qu'il fit mais il y avait une peau de banane et glissa. Des fruits lui tombèrent sur la tête et il plongea dans un profond sommeil."

Ce texte est de azazou78

"L'air était glacial, le ciel d'un gris désolant. Les flocons de neiges, qui tombaient au ralenti, trempaient les passants matinaux. Parmi eux, une jeune fille se rendait à pied au collège du quartier. Elle n'était pas très grande pour ses treize ans et plutôt maigre. De longs cheveux châtains lui tombaient dans le dos ; sur son visage brillaient deux yeux d'une étrange couleur verte. Enfin, elle s'appelait Elyona. C'était une de ces personnes qui donnent l'impression de monter sur leurs grands chevaux pour un rien. Elle traînait légèrement des pieds, apparemment pas motivée d'aller en cours à une heure aussi matinale. Sa façon de s'habiller, un peu garçonne, n'arrangeait pas les choses. Elle était en retard mais ne se pressait pas, se retournait régulièrement et dressait l'oreille au moindre bruit, si petit fut-il."
Ce texte est de elyona-tome1

# Posté le lundi 24 mars 2008 13:58

Modifié le jeudi 30 juillet 2009 06:35

Chapitre 1 : Evénements bizarres

Chapitre 1 : Evénements bizarres
PARTIE 1




Chapitre 1 : Evénements bizarres


Tout commença en mars. Mes parents semblaient porter de l'attention sur des minuscules choses qui me paraissaient absurdes, recherchant dans mes réponses un changement qui allait intervenir. Je n'avais jamais connu une telle période où ils me portaient autant d'attention.
M. Gho
nès, notre maître, lui aussi avait un comportement étrange. Il s'embrouillait avec les mots, ce qui avait donné occasion à de nombreux fous rires dans la classe. Il nous expliquait aussi des choses qui n'avaient rien à voir avec ce qu'on était en train de travailler, comme l'extermination des femmes que les gens prenaient pour des sorcières.
- Qu'es
t-ce qu'il a en ce moment ? demandai-je à mes amis, Anne, Benoît et Paul, une fois la classe finie.
- Je
n'en sais rien, répondit Anne. Tous les adultes sont comme ça. Même nos parents.
- I
ls se soucient de notre passage en classe supérieur ! dit Benoît pour rire.
- Au mois de mars ? Sûrement pas ! Et puis nous, on est sûr de passer.
- Mai
s moi ? demanda Paul.
- Non
bien sûr, Paul ne va pas passer ! ironisa Benoît. Son dossier scolaire est très bon mais il va rester en CM1 !
Pau
l se renfrogna et rougit, même s'il savait que son frère plaisantait. Ce n'était pas la première fois qu'il lui faisait une remarque de ce genre.

Ann
e et Benoît Tinrine étaient frères et s½ur jumeaux, et Paul, leur petit frère de sept ans, avait sauté les classes du CE1 jusqu'au CM1. Il y avait aussi Léo, qui avait le même âge que Léa ma petite s½ur, c'est-à-dire trois ans. Tout cela était bâti sous le même modèle : figure ronde, cheveux noirs et frange sur le front. Pour Anne dont les cheveux étaient coupés juste en-dessous les oreilles, ça donnait l'impression qu'elle avait une boule sur la tête.
Moi,
Mariette, j'avais des cheveux courts aussi, mais comme je n'étais pas très féminisée, les gens me prenaient souvent pour un garçon. Je ressemblais beaucoup à mon frère, Théo, qui avait douze ans et à ma s½ur Lucie, treize ans. Pour mon petit frère Guillaume, sept ans, les gens devinaient tout de suite que nous étions frère et s½ur. Mais sinon j'avais les mêmes yeux que Léa.

On rentra chez moi et on goûtai tout en discutant.
Un qu
art d'heure plus tard, Papa rentra du travail, et quand il s'approcha du moi pour me dire bonjour, je lui racontai ma journée et entre autre le comportement de Mr Ghonès.
Il soupira.
« Ne t'inquiète pas, va. Au fait, les prévisions météo seront plutôt mauvaises pour demain. Je te conseille d'emporter un manteau imperméable et des bottes pour aller à l'école.
-
D'accord, répondis-je.
- Tou
t va se passer à merveille, tu vas voir. »
Il
ébouriffa mes cheveux, qui retombent sur ma tête, toujours aussi plats.
Le
soir, la nouvelle avait dû venir aux oreilles de toute la famille, car tout le monde était excité, même Guillaume et Léa qui ne devaient rien comprendre à l'histoire. Moi, je ne voyais pas ce qu'il y avait de palpitant à ce que je doive aller à l'école avec des bottes et que les prévisions de météo soient mauvaises.

Je
me réveillai en sursaut. Je regardai mon réveil : huit heures et quart, l'heure de me lever. Je m'habillai à moitié en dormant, puis je descendis à la cuisine. Il n'y avait que Mme Kales, notre nounou, Guillaume et Léa. Lucie et Théo étaient sûrement déjà partis au collège, quant à papa et maman ils partaient tôt le matin pour aller travailler.
Je
pris mon petit déjeuner, préparai mon cartable et enfilai mes bottes et mon ciré. J'ouvris la porte et je partis vite-fait pour mon petit sprint du matin pour me réveiller un peu. Soudain je heurtai quelque chose, et je me retrouvai la tête dans l'eau !
J
e me relevai en toussant et en essuyant mon visage, ce qui ne servait strictement à rien, puis je me retournai. Un petit muret était dressé devant la porte de la maison, sans doute pour empêcher l'eau d'entrer.
- Marie
tte ! crie Benoît au loin. T'as vu toute cette eau ? C'est dingue, non ?
- H
eureusement que mon père m'a prévenu, dis-je.
-
Et pourquoi tu ne nous l'a pas dit ? s'énerva Anne en rigolant.

E
n classe, la discussion portait sur l'eau qu'il y avait à l'extérieur. Même Mr Ghonès y participait. Tout le monde était un peu sonné. Et cette discussion partit rapidement en brouhaha bourdonnant.
- Vous découvrirez la cause de tout ça au plus tard dans une semaine, dit Mr Ghonès.
Toute la classe le regarda avec des yeux ronds. Il regrettait visiblement d'avoir prononcé ces mots.
- C
omment vous le savez ? demanda un élève.
- Par l
a météo. Maintenant, on travaille.

-
Pourquoi a-t-il parlé de cause ? demanda Paul, le soir quand nous rentrions chez nous.
- De plu
s en plus bizarres, les adultes... soupira Anne.
- Mais
la cause, vous imaginerez ce que ça serait ? s'enthousiasma Benoît.
- La mét
éo n'a pas de cause, rétorqua Anne. C'est quelque chose de naturel. Il ne peut pas y avoir de cause à ça.

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J'ai essayé de modifié comme j'ai pu (il y avait du boulot). Donnez votre avis SVP !

# Posté le mardi 25 mars 2008 08:02

Modifié le mercredi 09 juillet 2008 06:29

Chapitre 2 : Le coin englouti

Chapitre 2 : Le coin englouti
Chapitre 2 : Le coin englouti



Le lendemain matin, en entrant dans l'école, rien ne nous paraissait anormal. Comme à notre habitude, nous nous installâmes dans notre petit coin à nous, isolés des autres personnes et pas perturbés pour le moins du monde. Il ne restait plus rien de l'inondation de la veille, nous ne demandions que cela.
Ce ne fut qu'à la récréation que quelque chose d'énorme nous sauta aux yeux : dans le coin, entre le mur du bureau de la directrice et celui du préau, une flaque d'eau immense. Très opaque à cause du sable sur lequel elle s'était faite, nous ne pouvions pas voir le fond. Entre les bords en pierre et le fond de ce petit bac à sable, il n'y avait qu'un ou deux centimètres de différence, elle ne devait donc pas être très profonde.
Et pourtant... Un CP avait balancé involontairement son ballon dedans. Voyant qu'il ne ressortait pas et croyant que ce n'était qu'une simple flaque d'eau, il avait sauté pieds joints dedans. Avant qu'on ait put faire un geste, il disparut.
Les autres qui avaient assisté à la scène, appelèrent un maître. Mais ce maître, M. Casaey, ne pouvait absolument rien faire et guetta alors tous les remous qui se produisaient. Dix minutes plus tard, le garçon ressortit, tout sec, mais avec un terrible choc. Il raconta à M. Casaey une histoire d'extra-terrestre.
- Il a l'air bien sonné ! dis-je.
- C'est vrai qu'il a vu des extra-terrestres ? demanda Anne.
- Oui, répondit Paul, j'ai entendu les autres en parler.
- Ils devraient l'envoyer dans un hôpital psychiatrique ! dit Benoît.
Il y eut un petit silence entre nous. Les propos de Benoît étaient gênants, mais nous pensions la même chose.
- Le ballon n'est pas ressorti, dit soudainement Anne.
Et comme par magie, des petits bouts de ballon déchiqueté ressortirent.
- Le voilà ! dit Benoît en plaisantant.
- Mais plus sous la même apparence ! rajoutai-je.
Anne leva les yeux au ciel. Benoît et moi étions toujours de mèche pour dire des choses volontairement stupides quand nous savions que cela l'agaçait.

L'après-midi, il fit une chaleur étouffante. Cela avait été direct : dès que j'étais revenue à l'école, après le déjeuner, il faisait plus de trente degrés. Mais malgré cela, la flaque d'eau n'avait toujours pas disparu et avait gardé le même niveau. Elle était très tenace.

=Camille, qui embêtait tout le temps Blandine et Lisa, les avait poussées dedans. Là, il n'y eut pas besoin d'appeler M. Casaey, il vint tout de suite, prévenu par un petit. Camille fut punie et beaucoup grondée.
Lisa et Blandine ressortirent sous le même choc que celui du CP. Et un peu plus tard, c'était le tour d'une fille de CE1. Nous étions prévenus du danger, mais les accidents se répétaient. Il n'y avait aucun instituteur pour la surveiller, ce que je jugeai d'irresponsable. Alors que chaque accident minime était suivi, pourquoi aucun adulte ne prenait compte de ceux-ci, pourtant bien plus grave ?
- Tu crois qu'elle va disparaître, la flaque ? demanda Paul à Anne
- Je n'en ai aucune idée, répondit Anne.
- J'ai peur...
- Pour ne pas tomber dedans, coupa Benoît d'un ton autoritaire, il suffit de ni s'en approcher ni faire l'idiot et c'est bon ! Ca ne sert à rien d'avoir peur !

Le reste de la semaine avait été du plus étrange que l'on pouvait imaginer. Nous étions mercredi. Il faisait très beau, toujours trente degrés, comme la veille, ce qui était très chaud pour un mois de mars. En tout cas, je m'étais bien amusée avec Benoît et Anne. Nous faisions un jeu, dans le jardin. Puis on courait partout dans le jardin quand Paul est arrivé. Il s'intégra à notre jeu purement improvisé, et nous arrêtâmes, bientôt complètement exténués. Habitués à une température dépassant très rarement quinze degrés ces derniers mois, nous nous retrouvions avec le double d'un seul coup. Mes parents travaillaient dans un centre de météorologie, et il m'assurait qu'ils n'avaient jamais vu cela. Mais avec un sourire en coin. Qu'est-ce que tout ce bazar pouvait bien signifier ?

Le lendemain, un jeudi, nous étions revenus à la température normale pour un mois de mars. Je partis à l'école avec mes trois amis. Guillaume et Léa, les deux petits de la famille, y étaient accompagnés par notre nounou, Mme Kales.
En arrivant à l'école, la flaque avait disparu. Il ne restait plus qu'un profond tout noir, poussiéreux aux parois inégales. Cette fois-ci, on nous interdit de nous pencher au-dessus. Personne n'était assez fou pour le faire, mais avec les accidents de la veille, on ne savait jamais.
Une institutrice, par curiosité, jeta des bouts de ballons dedans. Ceux-ci ressortirent immédiatement, et intacts.
En classe, quand nous fûmes tous assis, M. Ghonès fut bombardé de questions.
- Qu'est-ce que c'était ?
- Un gros trou noir.
- Il va disparaître ?
- Oui, au bout d'un moment.
- Si on tombe dedans ça fait quoi ?
- Rien. On a déjà testé ; et quelque chose amorti la chute puis nous fait remonter. Nous avons déjà eu affaire à quelque chose comme cela.
Il posa quelque feuille sur son bureau, l'air songeur, et repris.
- Quelqu'un, un volontaire, voudra bien faire l'expérience ?
- Dedans ?
- Oui, et pendant la récréation. Vous pourrez être plusieurs. Ne vous inquiétez pas, c'est sans danger.
Tout le monde fut surpris de cette proposition. Un silence prit place, et seulement quatre doigts se levèrent. Dont un hésitant. C'était nous quatre (inutile de préciser que nous étions dans la même classe). Je ne me demandais même pas comment allaient réagir Papa et Maman lorsqu'ils allaient apprendre que j'étais partie sous terre sans les prévenir, ni en quel droit un instituteur pouvait nous autoriser à faire cela. J'avais trop envie.
- Vous ? s'étonna M. Ghonès.
Tout le monde nous regardait avec des yeux ronds comme des soucoupes. C'était vrai que ce n'était pas vraiment dans notre genre d'aller jouer les aventuriers sous terre, mais l'envie était trop tentante.
- Même toi, Paul ? Bon, eh bien... C'est d'accord !

Donc, à la récréation, on nous équipa de lampes de poche et de sacs. Il paraissait qu'il y avait des choses en bas. J'avais un peu peur. Le goût de l'aventure se réveillait en mois comme un vieille animal fatigué qui aurait passé les trois quarts de sa vie à dormir.
Les autres élèves de ma classe étaient un peu « jaloux ».
- Si j'avais su qu'il y avait des choses à prendre, je serai venu... grogna Thomas.
- Bonne chance, nous dit M. Ghonès. Soyez prudents.
Mais on voyait bien que dans sa voix, il n'était pas très sérieux. Cette petite expédition ne devait pas être très dangereuse. Pourquoi nous aurait-on dit d'aller dans le trou s'il y avait des risques ? N'était-il pas responsable de nous pendant les temps de classe ?
Nous sautâmes dans le trou. Tout était noir et nous ne pouvions plus nous voir. Nous tombions. Nous ne voyions même plus les parois. Mais un moment, nous vîmes une petite lumière et nous aperçûmes le sol qui s'approchait, qui s'approchait... jusqu'à que nous le touchâmes, que nous atterrissions tout en douceur. Là, tout était bien éclairé. Nous vîmes des coffres, des gros et des petits, chacun rempli à ras bords de choses brillantes. C'était sans doute cela qui éclairait.
- Pas mal ! s'exclama Benoît, essayant de masquer son inquiétude. On en prend combien ?
- Un coffre chacun, suggéra Anne.
À peine avait-elle prononcé ses mots que des robots arrivèrent. C'était un empilement de boîtes métalliques en pavé posées les unes sur les autres, et des sortes de tuyaux d'arrosage pour les bras et les jambes. Les petits yeux blancs et artificiels ressortaient sur leur tête et leur bouche était quasiment invisible. Les pieds, asymétriques, leur donnait l'impression de boiter.
Anne poussa un hurlement déchirant qui nous fit tous sursauter.
- Pas de panique ! m'écriais-je aussitôt. Si on nous a envoyé là, ce ne doit pas être très dangereux. Je vous signale qu'on est sous leur responsabilité et que s'il nous arrive des choses, c'est eux qui auront des ennuis.
- Logique, soutint Benoît. Calme-toi, Anne, je suis certain que ces robots sont gentils.
Mais il y avait de la peur dans notre voix, et Anne l'avait sans doute remarqué. Cela ne la rassura pas du tout. Elle se mit à paniquer, à s'agiter, à regarder en l'air comme si le ciel – un peu plus éloigné qu'à l'ordinaire – pouvait l'aider.
- Comment on remonte ? demanda-t-elle.
- Je ne sais pas ! paniquai-je.
Elle se précipita contre une paroi et se mit en boule en recouvrant sa tête de ses bras, attendant l'heure de sa mort. Moi, je ne savais plus quoi faire. Me mettre dans la même position qu'Anne ? Non, je n'étais pas une poule mouillée. N'empêche, en voyant les robots avancer, je le fis quand même. Paul nous rejoignit dans un sursaut de peur, et il ne resta plus que Benoît en face.
- Hé... ! Venez, quoi !... dit-il.
Il était coincé entre être peureux ou être courageux. Situation difficile, lorsque l'on s'efforçait de paraître fort et raisonnable. Et qu'est-ce qu'il fit ? Il resta planté là, les poings serrés, en fermant les yeux.
Les soi-disant robots nous regardaient d'un air surpris et un peu moqueur. Des petits apportèrent des petits coffres fermés dans nos sacs, nous fixant de leurs yeux étranges, et nous nous envolâmes, sans avoir rien eu à faire. Nos pieds quittèrent le sol sans que n'ayons eu exactement le temps de nous en apercevoir. La lumière disparut, le noir refit surface, puis nous sentîmes le sol s'approcher, jusqu'à atterrir dessus tout en douceur.
- Ca s'est bien passé ? nous demanda M. Ghonès à notre arrivée.
- Oui, répondis Benoît. Anne a eut un petit peu peur, Mariette et Paul aussi, mais moi...
- Un papier est tombé de ton sac, Mariette, coupa M. Ghonès.
Je me baissai et je pris le papier. C'était un mot des robots. Je le lus, ainsi qu'Anne et Benoît par-dessus mes épaules.

Cher visiteurs,
Nou some les robot sour-mué et nou nou excuson pour ne pa avoir di bonjour. En faite, vou avé pénétré dan la grote des robot sour-mué. Nou ne pouvon pa vivre avaic les autre normal alor on vi la. Merci pour nou avoir pri des coffre en échange de votre visite, sa nou remonte le moral.
désolé pour les fotes, on né pas allé à l'écol, on a apri a la méson et Maman et Papa fon pa bien les cour

au revoir et a biento


Avec toutes ces fautes, nous eûmes un peu de mal à lire. Au final, nous nous sentions bêtes d'avoir eu si peur pour si peu...

# Posté le mardi 25 mars 2008 08:04

Modifié le samedi 30 janvier 2010 07:38

Chapitre 3 : Le vendredi et le samedi

Chapitre 3 : Le vendredi et le samedi
Chapitre 3 : Le vendredi et le samedi


Le lendemain, en me levant, je me demandais ce qu'il allait encore se passer. J'avais rejoint Anne et Benoît par le tuyau. J'eus du mal à passer et Léa me regardait avec un drôle d'air. Elle, elle était coiffée et habillée, et moi j'étais encore en pyjama et pieds nus.
Ce tuyau av
ait comme rétréci... Etrange. Je savais que c'était impossible de le réduire, mais ce qui s'était passé la veille pouvait me laisser y croire.

En arrivant à l'
école, le trou noir avait disparu. Je devais bien avouer que cela me décevait un peu. Ces derniers jours avaient été si spéciaux, si amusants ! Il ne fallait pas que cela s'arrête, pas maintenant ! Je voulais que ces jours étranges continuent jusqu'à la fin...
La
cloche sonna, nous nous rangeâmes. Enfin, nous allâmes plutôt à l'endroit où nous étions censés nous mettre en rang parce que nous ne nous rangions pas vraiment.
En classe, rien n'était plus pareil. C'était nouveau de ce matin-là : les bureaux avaient été complètement déplacés et avaient des roulettes fixées aux pieds.
- Ne vous inquiétez pas, dit M. Ghonès en voyant notre mine effarée. On a juste voulu faire une expérience.
Moi, j'étais en
train de regarder les roulettes, comme beaucoup d'autre. Comment allaient-elles faire pour ne pas craquer sous notre poids ? Elles étaient un peu petites, pour nous supporter.
-
On va peut-être pouvoir pédaler en classe ! nous souffla Benoît en plaisantant.
-
C'est pour quoi faire ? demanda Paul.
===M
. Ghonès répondit sur un ton hésitant.
- C'est... pou
r vous ! Oui, c'est ça ! ... On, ...enfin je me suis dit que vous seriez content avec des roues aux tables, par exemple pour aller chercher des feuilles que je vous rends ! »
I
l se tordit les mains.
- Maintenant,
on va faire un petit exercice ! Aller, hop ! Au boulot ! »
Il y eut
des protestations dans la classe. M. Ghonès avait l'air complètement exaspéré.
- M
ais non ! Je voulais dire des exercices avec la table ! »

Le
s exercices étaient faciles et amusants. Nous devions tout d'abord pédaler à travers la classe ; nous nous rentrions dedans sans nous faire mal et c'était assez drôle. Ensuite il s'agissait d'aller chercher un livre à la bibliothèque. C'était une autre affaire, car là, nous dûmes apprendre à nous servir des freins.
Enf
in, la cloche sonna. Nous étions totalement exténués. Nous avançâmes vers les escaliers et là... plus rien ! Juste un gros toboggan !
- Heu...
Comment on fait pour descendre ? demanda Thibault qui était le premier du rang.
- Hum...
eh bien... Tu t'assois et tu glisses ! C'est une autre chose que je vous ai préparé ! Eh oui ! C'est pour rendre l'école... plus amusante ! répondit M. Ghonès.
Il y eut quelques exclamations de surprises et des regards étonnés vers M. Ghonès. Etant donné que quand nous étions montés trois heures auparavant par là et qu'il n'y avait pas encore les toboggans, je me demandais comme il avait fait pour installer tout cela en si peu de temps.
Mais la descente était amusante. Il fallait faire attention de ne pas rentrer dans les murs pendant les virages, et même quand nous nous cognions, nous ne nous faisions pas mal. Une fois sortis, mes amis et moi nous nous installions dans notre petit coin habituel pour discuter.
- Trop
giga les escaliers ! s'écria Benoît.
- C
'est quelle journée que vous avez préféré ? nous demanda Paul. Moi c'est aujourd'hui.
Anne et Benoît
dirent pareil, mais moi je n'étais pas de leur avis. La veille avait été une journée vraiment spéciale. C'était de l'aventure non-dangereuse, et à présent j'avais envie d'y retourner, voir comment ces robots spéciaux étaient fabriqués. En tout cas, ils avaient été conçus par un expert.
Après nous nous étions amusés à deviner ce qui allait se produire le lendemain. Propositions de Paul : une tornade et l'école qui se déplace. Propositions de Anne et Benoît (toujours ensemble ces ceux-là) : des chaises qui parlent et plus de tables dans les classes. Proposition de moi : plus d'enseignants.

Le soir
, en rentrant de l'école, nous étions tous un peu fatigués. Pour une fois, à l'école, ce n'était pas qu'un effort mental que nous avions fourni, mais un très gros effort physique. Mine de rien, c'était difficile de pédaler avec une table.



En ré
alité, Paul avait presque deviné la veille, pour ce qui allait se produire. Il était vraiment très proche. L'école n'avait pas été déplacée mais éparpillée dans la cour de récréation. Seuls les escaliers et les couloirs étaient restés à leur place d'origine. Cela faisait un peu bizarre de voir les classes comme ça.
-
Bah ! fit Benoît. C'est encore mieux qu'il n'y ait pas de tornade.
- Pour
quoi tu dis ça ? demanda Paul.
- Pa
rce que tu as deviné pour l'école et si c'était vrai que tu étais un génie, tu aurais deviné aussi pour la tornade. Or, ce n'est pas le cas.
Nous l'avions tous regardé de travers.
- Ben quoi ? de
manda-t-il.
- Mo
n frère a parfois des idées bizarres, me souffla Anne.
Et nous pouffâmes toutes les deux.
- N'empêche que
ça fait bizarre de voir l'école en miette, dis-je.
- C
'est chouette, notre classe est juste à côté de la classe des CP ! s'écria vivement Anne.
- Et alors ? dema
ndais-je, étonnée.
- Ben on va pouvo
ir regarder dedans !
- Mais il fai
t presque nuit, on ne voit rien !
Il faisait presque nuit dans mon village. Je ne savais pas dans les autres endroits de la France, mais ici, cela faisait comme s'il était déjà vingt-deux heures. Alors qu'en vrai, il n'était que neuf heures.
- Et a
lors ? dit Anne.
-
Ma s½ur a parfois des idées bizarres, me souffla Benoît.
Puis la
cloche sonna.

Les co
urs, ils ne ressemblaient pas à des cours. Le samedi, on avait l'impression de ne pas vraiment travailler. Mais là, nous n'avions vraiment pas travaillé. M. Ghonès nous avait dit que nous étions trop troublés.
Cer
tains étaient collés aux fenêtres, d'autres rangeaient la bibliothèque et aussi d'autres se distrayaient en écrivant sur le tableau. À la récréation, comme il n'y avait ni d'escaliers ni de couloirs, nous n'avions qu'à passer par la porte pour être dehors.
N
otre petit coin n'était plus accessible. Il y avait la classe des CE1 qui bouchait le passage. Sinon, nous pouvions courir entre les petits bâtiments en faisant attention de ne pas heurter quelqu'un ou quelque chose. Nous avions aussi la possibilité de monter sur les classes et ce fut là que nous avions fait notre nouveau petit coin. Pas pour longtemps, certes. Car d'autres personne nous imitèrent.
- C'est formid
able ! m'exclamais-je. On a une vue merveilleuse !
-
On n'est pas les seuls ici, fit remarquer Benoît. Et on risque de tomber.
Il avait dit
vrai. Nous décidâmes de descendre, c'était mieux que de tomber d'une hauteur de deux mètres cinquante.
En
classe, nous reprîmes nos occupations d'avant la récréation.
- Eh ! di
t Anne. Je pense à un truc : lundi dernier, M. Ghonès nous avais dis que nous découvrirons la cause dans une semaine, et lundi ça va faire une semaine !
- C'est
pourtant toi qui disais que ça n'avait pas de cause, répliqua Benoît.
-
J'ai changé d'avis.
À pei
ne avait-elle dit ces mots qu'un drôle d'homme barbu entra dans la classe. M. Ghonès et l'homme discutèrent longtemps.
L'homme portait
un long manteau vert qui descendait jusqu'aux genoux, des bottes aux lacets dorés, un pantalon vert et un drôle de chapeau avec des grelots jaunes qui ne faisaient pas de bruit. Exactement comme... comme dans un de mes rêves ! La même scène, les mêmes gestes !
De
s petits curieux regardaient les bottes de l'homme. C'est vrai que tout le monde ne portait pas cela. Je me demandais d'où elles pouvaient bien venir.
Quand l'
homme fut parti, M. Ghonès nous expliqua que c'était le directeur d'une école spécialisée. À ces mots, nous avons tous regardé Camille. Tout le monde croyait qu'elle souffrait d'un retard mental parce qu'elle n'arrêtait pas de faire l'idiote en classe.
Voyant tout nos regards fixés sur elle, M. Ghonès dit que c'était plusieurs élèves qui iraient là-bas. Il nous avait dit aussi que l'homme s'appelait William Gofden et qu'il était né en Angleterre, mais qu'il vivait en France. Puis il nous tendit des enveloppes blanches avec notre nom marqué dessus.

Le dimanch
e après-midi, réalisant que le lendemain était lundi – le jour où nous allions découvrir la cause -, et que je n'avais toujours pas ouvert l'enveloppe, je me mis à la chercher. Quand je la trouvai, je lis la lettre à l'intérieur.

Chère élève,
Sache
que tu es une sorcière et que tu es admise à l'école Chofa, parmi les Rouges, pour neuf ans. Les affaires que tu devras emporter :

- Ton unif
orme rouge
- Un b
alai rouge
- Un ca
rtable rouge et toutes tes autres affaires

Nous t'att
endons dans notre école
Cordialemen
t,
Le directeur
William Gofden


Facile à lire, dur à encaisser. C'était forcément une blague, pas d'autre explication. Les sorciers n'existaient pas, tout le monde le savait. Mais en même temps je voulais quand même me dire que j'en étais une. J'avais toujours rêvé de cela, sachant que ce n'était pas possible.
Anne
et Benoît étaient partis quelque part avec leur père, ce fut donc Maman que j'allai voir.

# Posté le mardi 25 mars 2008 08:06

Modifié le jeudi 28 août 2008 05:49

Chapitre 4 : Moi,sorcière

Chapitre 4 : Moi,sorcière
Chapitre 4 : Moi, sorcière




- Bravo ! s'écria maman. Tu as trouvé ! Pas une minute à perdre, entraîne-toi !
- C'est vrai ? demandais-je, incrédule. Enfin, je veux dire... Je suis vraiment une sorcière ?
- Bien sûr ! Tu n'as pas lu le papier ?
Pendant un instant, je crus qu'elle faisait aussi partie de la blague. Mais vu sa tête, non. Elle avait l'air sincère.
C'était trop. Je m'assis sur une chaise, avec l'impression d'avoir reçu un coup sur la tête. Il y avait encore deux minutes, j'étais dans le monde réel. J'avais l'impression d'avoir tout à coup changé d'univers.
- Tu vas t'entraîner, poursuivit Maman, mais il ne faut pas que Guillaume ou Léa le sache.
- Pourquoi ?
- Ils ne doivent l'apprendre que demain. De toute façon, si on leur dit tout de suite, ça ne marchera pas, le sortilège ne sera brisé que demain. Où sont Anne et Benoît ? Et Paul ?
- Avec leur père, répondis-je.
- Tant pis. Pense très fort à quelque chose et pointe ton doigt sur la table », expliqua maman.
Je suivis donc ce que maman m'avait dit. Avec une extrême concentration, je réussis à faire apparaître quelque chose. Sauf que cela ne ressemblait pas vraiment à ce que j'avais souhaité. J'avais pensé à un paquet de bonbons. Remplis de bonbons, en plus. Et ce qui est apparu... C'était une chose informe en carton, avec des dessins de bonbons dessus.
- Bon... dit maman d'un ton surpris. Tu as réussi à faire apparaître quelque chose, c'est déjà ça...
Elle ouvrit la porte de la poubelle.
- Pointe ton doigt vers la boîte et emmène-là vers la poubelle.
Ce n'était pas très clair mais j'ai quand même compris ce qu'elle voulait dire. J'avais regardé suffisamment de films fantastiques pour savoir ce qu'elle voulait que je fasse. Avec mon doigt, je promenai la boîte dans toute la pièce.
- J'avais dit dans la poubelle, râla maman.

Evidemment, Théo, Lucie et papa furent rapidement au courant.
Le soir, Lucie m'expliqua qu'il y avait un autre monde.
- Il est semblable au notre, sauf que tout est magique. Pour te faire une idée, tu as une deuxième chambre que tu ne connais pas.
- Comment on te l'as annoncé, que tu étais une sorcière ? demandais-je.
- Comme toi !
- Mais maintenant tous les élèves de l'école savent qu'il y a des sorciers.
- Non parce qu'on fait oublier tout ça aux non-sorciers, d'un coup de sortilège que les instituteurs sorciers font en classe. Sinon la terre entière saurait qu'il y en a.
Je m'arrêtai deux minutes pour réfléchir à tout cela. Qu'est-ce que c'était bizarre ! Soudain, quelque chose me vint à l'esprit.
- Comment on va dans l'autre monde ?
- Par un passage secret.
- Quoi ?
- On a le droit d'en avoir dix maximums dans chaque pièce. Tu veux venir voir les miens ?
- Oui... répondis-je, abasourdie.
Elle m'emmena dans sa chambre, et ouvrit le bac qu'il y avait sous son lit.
- Plonge la tête dedans, m'ordonna-t-elle. Fait attention parce que si jamais tu essayes de passer et que ça ne marche pas...
Je fis ce qu'elle m'avait ordonné. Je me baissais et puis, tout doucement, je m'approchais du fond. Une sensation de froid vint alors au fur et à mesure que je m'enfonçais. C'était comme entrer dans l'eau en pouvant respirer.
- Maintenant essaye d'entrer tout ton corps ! dit la voix de Lucie au loin.
En faisant peu d'effort, mes bras, puis mes hanches, puis mes cuisses, et enfin mes jambes. J'étais dans l'autre monde ! Lucie semblait être beaucoup plus habituée que moi, car elle me rejoint en une seconde.
C'était encore plus bizarre. Son lit m'accueillit gentiment et son miroir me dit que j'étais une charmante petite fille à la mine surprise et qui s'était salit le pantalon et patati et patata avec d'autre détail plus inutiles les uns que les autres.
- Charmante petite fille ? grogna l'armoire. Je m'attendais à mieux.
- Aller, viens, on s'en va, dit Lucie en soupirant.

Le lendemain, toute l'école était remise en place. Il y eut quelques protestations qui s'arrêtèrent immédiatement quand William Gofden entra dans la classe.
- Bien, dit-il. Ceux que je désignerai iront dans la pièce d'à côté.
Il chercha une feuille dans son manteau et commença à cita quelques-uns de mes camarades. Plus de la moitié. Je fus étonné qu'il y en ait autant.
Quand tout le monde fut entré, il entra à son tour.
- Asseyez-vous, dit-il.
Dans un brouhaha, on s'assit.
- Qui a lu le petit mot ? Enfin, ça n'a pas d'importance. Si vous ne l'avez pas comprit, vous êtes des sorciers.
Juste un petit silence. Apparemment, tout le monde le savait.



- Moi, je suis le troisième garçon de la famille et je savais déjà que j'étais un sorcier ! dit Thomas d'un air victorieux.
Mr Gofden l'ignora et commença à parler.
- Il y a des choses à respecter dans le monde des sorciers. Comme partout ailleurs, certes. Des parents ou des grands frères et s½urs ne doivent pas dire à leur petite s½ur ou petit frère que c'est un sorcier, sauf si c'est au moins le deuxième petit frère ou petite s½ur et qu'il ou elle a déjà neuf ans. Ne me demandez pas pourquoi, je n'en sais rien ; cette règle a été établie au deuxième siècle.
- Je n'arriverai jamais à tenir ma langue ! dit Léo.
- Tu ne peux pas le dire, de toute façon, dit M. Gofden. Dès que tu essayes de le faire, la personne à qui tu le dis n'entend pas, et ça se fait remplacer par une autre phrase. Aujourd'hui, si vous êtes le deuxième garçon ou la deuxième fille de la famille, le sortilège est brisé et vous pourrez dire vérité à votre petit frère ou petite s½ur.
- On restera dans la même école ? demanda Blandine.
- Non, lui répondit M. Gofden. Vous irez dans l'école des sorciers de votre ville. Vous serez répartis en cinq couleurs : rose, bleu, vert, rouge et jaune. Ces couleurs reflètent votre personnalité. Rose, c'est surtout les filles qui sont vraiment très féminines. Bleu, c'est surtout les garçons qui aiment le sport. Vert, c'est les filles et les garçons qui aiment bouger et travailler en même temps. Rouge, c'est surtout les filles et les garçons qui aiment travailler. Et enfin, jaune, ce sont ceux qui ne vont dans aucuns groupes. Un peu comme une poubelle. Il n'y en a moins que dans les autres groupes, de ceux-là.
- Mais comment on pourra se reconnaître entre couleurs ?
- Ah ! Ca ! Eh bien vous aurez des uniformes de couleurs différentes ! Vous avez encore des questions ?
- On fera comment pour aller à l'école ?
- Vous allez dans l'autre monde, vous enfourchez votre balai et c'est parti ! Dans votre nouvelle école, on vous apprendra à faire du balai. Sinon, vous serez porté par quelqu'un qui voudra bien.
- Les Gorogashigaspi ont les a comment ? demanda Thomas ?
- Les quoi ? demandais-je.
- Les Gorogashigaspi sont des robots intelligents comme vous. Des êtres humains en pièce métalliques. Leurs repas sont des déchets. Ils s'habillent comme des enfants de six ans. À partir de six jours sous votre « responsabilité », ils peuvent se marier et avoir des enfants. Ils resteront avec vous toute votre vie et à votre mort, ils meurent en même temps que vous. Quand vous êtes contents d'eux, il faut leur donner un bain de boue le soir même. Ils adorent ça. Comme ça, ça les incite à faire de bonnes actions.
- Ce sont quoi leurs déchets préférés ? demanda Thomas en nous regardant du coin de l'½il, pour voir si nous étions impressionnés.
- Ce qui vous éc½ure le plus. De la crotte de chien, par exemple. C'est pour cela que nos rues sont toujours bien nettoyées.
Une expression de dégoût se propagea parmi nous.
- Et puis les tours de magie ? demanda Coline. Comment on fait ?
- Votre index, celui avec lequel vous vous sentez le mieux. Vous allez voir tout seul. Mais pour l'instant, si vous avez besoin d'accomplir de gros tours de magie, vous pouvez vous servir de petites baguettes.
Il se retourna et prit sur ses genoux une petite boîte.
- Les petites baguettes, les voici ! Servez-vous sans vous disputer.
J'en saisis une. C'était un bâton tout blanc, assez petit, et qui semblait très fragile. Il y avait un étui avec, pour ne pas l'abîmer. Comme Mr Gofden nous le permis, j'essayai de faire apparaître le paquet de bonbons. C'était nettement plus facile, et nous le partageâmes entre camarades.
J'appris d'autres choses : on pouvait passer d'une couleur à une autre à la fin de l'année. Très pratique, commenta Mr Gofden, si un élève ne se sentait pas ou plus à sa place dans la couleur où il était. Et il était très probable que cela nous arrive un jour.
À partir de notre neuvième année à l'école, on nous donnait un ordinateur portable pour les cours, que l'on devait aussi utiliser pour les études secondaires. Je trouvais que c'était plutôt bien, même si je n'en voyais pas trop l'utilité car pour l'instant je trouvais que ce qu'on nous apprenait n'était pas très énorme.

Après quelques autres questions, nous sortîmes pour aller dans la cour de récréation. J'emportai avec moi ma baguette, comme Anne et Benoît. Paul préféra la laisser bien rangée dans son cartable. Nous jouâmes à déplacer des choses. Des ballons, par exemple. Ceux que les garçons utilisaient pour jouer. Nous faisions un peu dériver leur trajectoire pour qu'ils entrent dans les buts, ce qui était assez drôle pour les gardiens qui ne savaient pas ce qui leur arrivait.
Mais quelqu'un nous interrompit dans notre jeu. C'était Lisa.
- Ils vont nous donner un truc dans le préau. Il faut aller là-bas.
- Oui, ajouta Blandine qui était toujours avec Lisa. On nous l'a demandé.
Nous étions donc bien obligés de les suivre. Là-bas, les autres étaient déjà arrivés et assis sur des chaises, face à William Gofden qui s'occupait de nous faire voir un diaporama. Apparemment, il avait du mal à l'installer. Il soupira, pointa son doigt et alluma l'appareil. Il bidouilla quelques fils, entre autre débrancher l'ordinateur, décidant de se débrouiller qu'avec la magie.
Pendant ce temps, nous étions restés debout à le regarder. Pour simple raison qu'il manquait des chaises.
- Hé ! s'exclama-t-il. Il ne faut pas rester comme ça sans rien dire ! Je vous avais complètement oublié !
Il fit apparaître six chaises d'un coup, sous les regards étonnés de tous les élèves réunis dans la pièce. Comment faisait-il ?
- Qu'est-ce que vous attendez ? demanda-t-il comme si nous étions devenus complètement idiots.
Quand nous fûmes enfin tous assis, le diaporama commença.

# Posté le mardi 25 mars 2008 08:10

Modifié le jeudi 28 août 2008 05:51